Mercredi 26 Mars 2014 : DPA de ma 2° fille… elle
n’arrive pas.
Samedi 29 Mars 2014 : je rentre à l’hôpital à 17h
en vue d’un déclenchement. Auparavant nous avons amené Julia chez Ina pour le
week-end. On me fait un monitoring puis l’interne me prend pour me placer le
ballonnet. Au bout de 3 essais infructueux, elle va chercher de l’aide auprès
d’une sage femme, 3 essais encore après je lui dis « Ca commence à être de
la charcuterie là quand même », elle va chercher la gynéco de garde qui
elle y arrive du premier coup. Il n’aura donc fallut que 7 essais pour me le
placer. Très douloureux mais une fois en place gonflé avec 80mL d’eau je ne le
sentais plus. Pas de gêne.
Après un monito, on me remonte en chambre il est 21h.
Papa va chercher pizza pour qu’on puisse manger car je
n’étais pas enregistrée.
La nuit se passe bien, Papa est auprès de moi. Je suis sous
monito jusqu’à 1h30 du matin.
Dimanche 30 Mars 2014 : à 6h du matin nouvelle
heure on m’enlève le ballonnet et me demande de me doucher et de rester à jeun.
La nuit fut donc courte, juste 3petites heures de sommeil.
7h je descends en salle de travail pour un examen : le
col s’est ramolli mais toujours pas prêt.
On me place alors un tampon de propess. Celui peut rester
24h en place. Cela permet de faire avancer le travail du col. Je reste sous
monito pendant 2h puis on me remonte en chambre et m’autorise à manger.
Papa s’absente le temps du repas mais revient vite auprès de
moi.
Nous décidons que Julia ne viendra pas me voir aujourd’hui
car elle ne comprendrai pas pourquoi le bébé n’est pas là et cela risque de
l’inquiéter, elle viendra une fois que sa petite sœur sera enfin là.
17h première contraction, une autre au bout de 30 min puis
ça se rapproche à 20min puis direct à 6min. 23H30 j’ai des contractions toutes
les 4min.
A 1h le Lundi 31 Mars 2014 je sonne
et demande du spasfon, on ne me donne rien et me fait descendre en salle de
travail.
Les contractions sont doubles : ventre/reins, comme
pour Julia. C’est douloureux.
On m’ausculte, je suis dilatée à 2cm.
La sage-femme me demande pour la péri, je lui dit que je n’y
ai pas droit et me propose de quand même montrer mes radios à l’anesthésiste de
garde.
Les contractions sont très douloureuses. Ils ne retrouvent
pas mes radios laissées samedi à notre arrivée, Papa s’énerve. Au bout d’1/2h,
ils les retrouvent enfin et l’anesthésiste vient me voir et me dit avec son
superbe accent roumain : « Je vous propose de faire une
péridurale mais beaucoup plus haut dans le dos car là où on la fait
normalement, vous avez le matériel et je ne peux pas piquer. On peut faire un
essai et on verra, cela n’aura pas les mêmes effets mais cela pourra vous
soulager un peu. » OK.
A 3h je suis à 4cm. L’anesthésiste me fait passer au bloc et
me place la péri. Papa en profite pour aller fumer le temps de la pose de
celle-ci. Je l’ai juste en dessous des homoplates. C’est très haut mais cela me
soulage et m’enlève les contractions des reins. Je n’ai plus que celles du
ventre et cela soulage énormément. Les intensités des contractions sont moins
importantes et cela me permet de discuter avec Papa… On parlait surtout de
l’organisation pour que Julia vienne le jour même voir sa petite sœur.
A 4h je suis à 6cm et à 5h à 9cm.
A 6h dilation complète. La péri n’agit plus et je n’aurai pas
d’autre dose. Elle m’aura au moins permis de vivre le travail mieux que pour
Julia.
Laura est encore haute mais on essaie la poussée pour
l’aider à descendre en vain. Elle ne descend pas. Au bout de 30min on
recommence, tjs rien.
La SF appelle le gynéco de garde pour ventouse. Cela ne
fonctionne pas, il fait alors un touché et se rend compte que Laura est mal
placé, elle regarde vers le ciel au lieu du sol, il sent ses yeux et son nez…
Il demande une écho. Cela est confirmé. Pendant ce temps là les contractions
sont revenus dans le dos, une horreur.
Il essaie un autre système de ventouse qui explose entre mes
cuisses en ricochet, je me retrouve pleine de sang.
Papa craque et pleure. Il me soutient toujours, il me tient
la nuque et le bras car je suis accrochée à mes jambes pour pousser à chaque
contraction.
Je n’entends plus le monito de Laura, elle est en
souffrance, on me met sous masque à oxygène.
Le gynéco prends les forceps, il n’y a plus le temps, il
faut la sortir car sa vie est en péril.
J’ai donc droit à une épisio de 5cm de chaque côté (je ne
sens pas je le saurai au moment des points).
Avec les forceps j’ai hurlé +++++ des cris rauques qui
venaient du plus profond de mon être, je poussais et hurlais autant que
possible, j’ai fait très peur à Papa. Il a supplié « Faites quelque chose
d’autre, pitié, aidez la » et ne cessait de me dire « tu es
formidable, je t’aime, tu va y arriver, tu es fabuleuse, tu es une warrior».
Laura sort enfin, il
est 7h25. Quelques secondes et j’entends ses cris. Le gynéco demande
« vous voulez couper le cordon ? » en même temps Papa me dit
« Ca y est tu as réussi, tu es fabuleuse » et moi qui leur
crie « on s’en fou du cordon putin ».
On me pose Laura sur le ventre, elle est essuyée pour la
réchauffer, Papa me dit qu’elle est magnifique, que j’ai bien travaillé. On
fait la délivrance.
Là la tête se met à tourner, tout le monde s’affole. Je dis
à Papa de partir faire les soins avec Laura. Il ne veut pas me quitter,
j’insiste pour qu’il parte avec la petite car je sais que ce n’est pas encore
terminé. 2 autres personnes arrivent, il y a désormais 7personnes autour de
moi.
Le gynéco vérifie avec la main s’il ne me reste pas du
placenta car je perds beaucoup de sang. J’ai perdu presque 2 litres de sang ;
une grosse hémorragie lors de la délivrance et due également à l’épisio.
Je suis recousue à vif. On me parle de transfusion de sang,
d’analyses, tout est un peu confu, je ne me sens pas bien. Je saurai après que
j’ai perdu connaissance qq minutes.
Laura revient dans les bras de Papa. Cette image reste
gravée dans mon esprit car après je n’arrive pas à la voir. Je n’ai plus de
force, je ne peux même pas lui donner le sein. Papa me la montre, elle est si
belle…
L’anesthésiste revient et me dit que comme je suis jeune on
va essayer d’éviter la transfusion de sang et faire plutôt une transfusion de
fer. A 11h j’ai demandé la mise aux seins mais c’est Papa qui tenait Laura, je
n’en avais pas la force. Elle a bien tété.
On ne remontera qu’à 11h30 en chambre tous les 3.
Papa a été exceptionnel, d’un très grand soutien, il m’a
aidé à gérer les contractions, il m’a soutenu comme un fou même au moment où il
a craqué. Il est un papa poule pour notre fille et un super papa pour Julia.
Lundi midi il a mangé en tête à tête au mac do avec Julia et
ils sont ensuite venus. Ce fut LA rencontre entre les 2 sœurs =) une
merveilleuse rencontre. Julia a été émue, étonnée, de suite câline. Elle lui a
fait pleins de bisous, de câlins… elle est pleine d’amour pour sa petite sœur.
Je suis fan de les voir ensemble, de voir Laura posée sur
ses jambes et sa tête au creux de son bras. C’est trop beau, même mieux que ce
que j’avais pu rêver. Elles se sont échangés leurs cadeaux, Julia a offert son
Doudou à Laura et Laura a offert « Tchoupi s’occupe bien de sa petite
sœur » à Julia.
Côté santé, mardi et jeudi on m’a fait une transfusion de
fer. Ca m’a aidé à récupérer un peu.
Je n’ai pu effectuer que l’allaitement, c’est Papa qui
s’occupait des changes, des bains…
Il a téléphoné à son boss qui lui a sucré son congé
paternité… du coup il a juste eu les 3 jours et a repris le travail jeudi, du
coup mercredi, jeudi et vendredi c’est ma mère qui est venu dormir à la mater
avec moi afin de m’aider pour m’apporter Laura aux seins et la changer.
Jeudi j’ai eu la transfusion dans la salle où j’ai accouché,
dur… je me suis mise à sangloter. La SF m’a demandé ce qu’il se passait :
« c’est dans cette salle que j’ai accouché », mauvais souvenir… elle
a trouvé la SF présente lors de mon accouchement et l’a faite venir, on a
reparlé de mon accouchement, de ce qu’il s’était passé, j’ai pas eu de réelles
explications sur le pourquoi.
Elle m’a expliqué tout ce qu’il s’est passé et leurs
réactions face aux différentes situations. Je reconnais qu’ils ont bien réagit
mais je pense aussi que tout ceci aurait pu être évité si seulement on m’avait
écouté. J’avais demandé une écho de contrôle, Papa aussi. Elle n’a pas eu lieu,
si elle avait été faite, ils auraient vu que Laura se présentait mal, on aurait
pu éviter tout ça, on aurait pu éviter que je souffre autant et que ma vie ne
tienne qu’à un fil. On aurait pu éviter que la vie de ma fille soit en péril.
On est vraiment choqué par cet accouchement, si violent, si
dangereux pour notre fille et pour moi. J’avoues que notre envie d’un 3° enfant
s’est envolée, je ne veux pas repasser par là, je ne veux pas prendre à nouveau
le risque de disparaître… 2 enfants ont besoin de moi et avec le recul je
pleure en pensant à ce qu’il serait advenu de Julia si je n’étais plus là. Ma
vie a réellement été mise en danger…
Papa préfère éluder le sujet pour le moment, il a été très
choqué, le pauvre, il a été également traumatisé par tout ce qu’il a vu :
la souffrance, l’impuissance… et pourtant Dieu sait qu’il a été génial avec
moi, d’un très grand soutien, il m’a tellement soutenu, apporté tellement
d’amour en quelques heures, il a su trouver les mots pour m’apaiser, savoir se
taire pendant les contractions, savoir me câliner au bon moment et me dire ce
dont j’avais besoin d’entendre. Il est fabuleux. Je l’aime du plus profond de
mon être.
Maintenant une nouvelle vie s’offre à nous, notre famille
est formée, réelle et Laura est arrivée pour compléter ce Nous que nous avons
réussi à créer. Papa n’a plus seulement pris un package mère-fille, il a 2
filles, une à +9mois et l’autre à -9mois comme il le dit. Il a su garder des
moments qu’avec Julia, vendredi soir il l’a récupéré et ont dormi à la maison,
samedi matin ils sont venus nous voir puis ils sont allés manger en tête à tête
au chinois, sieste à la maison et retour à la mater.
Julia est venue tous les jours et c’était long pour elle,
samedi elle m’a vraiment réclamée en me disant que je lui manquais, qu’elle
voulait que je rentre. Je devais rentrer lundi mais j’ai négocié une sortie
dimanche afin de pouvoir nous retrouver tous les 4 un petit moment à la maison.
Je suis heureuse d’avoir cet homme à mes côtés, je suis
heureuse d’avoir mes filles dans mes bras. Mon cœur déborde d’amour et ce pour
toujours.